Réindustrialisation : comment le supply chain management entre en jeu

Réindustrialisation : La réponse du supply chain management

Face aux enjeux actuels, notamment économiques, environnementaux et géopolitiques, la réindustrialisation s’impose comme une nécessité pour la France, plus encore que pour ses voisins européens. Pour pallier le défaut d’attractivité du territoire et venir en renfort des mesures politiques, nécessaires mais insuffisantes, le supply chain management devient un levier puissant pour renforcer la compétitivité et l’autonomie du pays. Mais comment ce travail d’optimisation peut-il transformer l’industrie française au point de contribuer à son essor sur le plan international ? Nous vous livrons la vision d’Athénaos dans cet article.

Le contexte de la réindustrialisation

Un pilier fragilisé de l’économie française et européenne

Représentant environ 10 % du PIB français, l’industrie est un moteur essentiel de l’économie nationale et joue un rôle clé dans la capacité d’innovation de notre pays. Pourtant, malgré une culture industrielle forte et une position d’excellence dans les industries stratégiques comme l’aéronautique, l’automobile et la défense, la France a vu en 50 ans, sa production manufacturière décliner au profit d’une économie de service et de tourisme grandissante.

Entre 1995 et 2017, la part de l’industrie manufacturière dans le PIB national a chuté de 17% à 11%. Cette diminution s’est accompagnée d’une perte de 900.000 emplois industriels(Source : Les thémas de la DGE n°20).

Cette désindustrialisation progressive, mais massive, qui a également touché d’autres pays d’Europe comme l’Espagne ou le Royaume-Uni, a été accentuée par la mondialisation et la confrontation à des coûts de fabrication extrêmement bas des régions comme l’Asie.

Des enjeux qui ne sont pas uniquement économiques

Comme le souligne Éric Trappier, président de Dassault Aviation et de l’UIMM (l’Union des Industries et Métiers de la Métallurgie) dans une récente interview, l’industrie n’est pas seulement un enjeu économique, mais un pilier stratégique pour répondre aux défis écologiques, énergétiques et technologiques de demain ainsi que pour assurer la sécurité et la défense de notre pays.

La réindustrialisation amorcée depuis 2010 est ainsi motivée par le besoin de renforcer la souveraineté nationale et d’assurer la sécurité des chaînes d’approvisionnement. Les crises géopolitiques et sanitaires récentes ont joué un rôle d’accélérateur en exposant les vulnérabilités des chaînes de production européennes et la dépendance de la France dans des secteurs clés comme l’énergie.

La relocalisation des industries lourdes, un axe stratégique

Les industries lourdes, notamment la métallurgie et l’extraction minière ont été parmi les premières affectées par les fermetures de sites et les délocalisations. Elles jouent pourtant un rôle crucial dans l’autonomie stratégique de la France et de l’Europe, en fournissant des matériaux essentiels pour la fabrication de biens d’équipements, de composants électroniques, ou encore de véhicules.

La relance de ces industries est donc indispensable pour promouvoir une compétitivité dans les secteurs en aval, comme les industries à forte valeur ajoutée. La réindustrialisation de ces filières en France doit permettre non seulement de réduire la dépendance vis-à-vis des importations, mais également d’augmenter la capacité du pays à produire des biens d’équipement de haute technologie et de mieux maîtriser les impacts environnementaux.

Les défis de la réindustrialisation

La réindustrialisation française n’est cependant pas sans obstacle. Parmi les principaux défis, on trouve le coût élevé du travail en France par rapport au reste du monde, mais également à ses voisins européens, notamment l’Allemagne.

Les plans de relance « France Relance » et « France 2030 » visent à renforcer la compétitivité-coût des manufactures françaises en allégeant leurs charges sociales et fiscales, tout en encourageant la modernisation de l’outil de production par l’investissement dans les technologies de pointe. En parallèle, ces initiatives œuvrent à relocaliser certaines productions stratégiques, favorisant ainsi des chaînes d’approvisionnement plus stables, moins coûteuses et surtout plus robustes.

La concurrence internationale, notamment celle des pays asiatiques à très faibles coûts de production, exerce toutefois une pression considérable. Les actions politiques de relance et de négociations contractuelles, aussi nécessaires soient-elles, ne suffisent pas à redémarrer la machine de l’industrie française.

La réponse donnée par le supply chain management

La solution miracle ne réside pas dans l’abaissement artificiel du coût du travail ou dans une approche offensive de la négociation commerciale. Chez Athénaos, nous pensons que les industries françaises et européennes portent en elles les leviers d’une meilleure compétitivité.

« Aller chercher la performance, c’est notre manière de contribuer à cette énergie à déployer dans les années futures ! »

Activer les leviers de performance endogènes

Pour redevenir compétitive, ce n’est pas seulement une meilleure performance économique que l’industrie doit viser. Selon Athénaos, la performance du service au client, souvent mal considérée (en opposition aux progrès immenses des entreprises de service B to C) est primordiale. Et celle-ci passe nécessairement par une ponctualité et une exigence de service offert irréprochables, quelles que soient les fluctuations extérieures. Car, s’il est difficile pour nos industries de rivaliser avec certains pays d’un point de vue des coûts, c’est notre capacité à fournir un produit et un service d’excellence avec une grande fiabilité qui peut faire pencher la balance commerciale.

Une supply chain performante et dynamique est l’un des facteurs majeurs de compétitivité. Des lead times plus courts, des prises de décision plus rapides, la maîtrise des stocks et des encours peuvent ainsi transformer l’appareil de production en une structure agile qui s’adapte aux contraintes plutôt que de les subir. Un travail en profondeur sur le pilotage de la supply chain s’impose, afin de le rendre à la fois plus souple et plus robuste. C’est le cœur de métier d’Athenaos.

Nécessaire mais pas suffisant : ce pilotage n’opère que s’il orchestre des processus opérationnels performants (depuis la prise de commande jusqu’à la livraison chez le client), eux-mêmes supportés par les « régaliens » de l’organisation. Chaque élément du système global doit être passé au crible et optimisé : les activités supports, notamment la gestion des compétences et les systèmes d’information, les comportements managériaux, l’état d’esprit des équipes, etc.

« Une de nos obsessions chez Athénaos, c’est la vitesse des flux et la réduction des lead times. »

Le facteur humain de la réindustrialisation

La reconquête industrielle passe nécessairement par une augmentation de la capacité de production de l’appareil industriel. Or les grandes manufactures françaises sont aujourd’hui bloquées dans cette progression à cause de leur difficulté à recruter ou de la difficulté de leurs fournisseurs à recruter. C’est par exemple le cas actuellement pour Safran, équipementier d’Airbus, au ralenti depuis plusieurs mois par manque de main-d’œuvre.

Qu’il soit dû à une plus grande attractivité des secteurs de l’innovation et du numérique ou à la quête d’un équilibre pro/perso idéal enclenchée par la crise COVID, le désintérêt actuel pour les carrières industrielles met à mal la croissance du secteur. Il est temps de redonner du lustre aux métiers de l’industrie et de renforcer l’adhésion des opérationnels au projet, d’un bout à l’autre de la chaîne.

Le capital humain est, une fois encore, inestimable, car irremplaçable. Il nécessite une démarche managériale appropriée, une réponse pertinente au besoin de sens des équipes et une valorisation de leur implication dans le processus. C’est l’une des principales préoccupations d’Athénaos dans notre démarche et souvent un des points délicats dans notre conduite du changement.

Le management de la supply chain, un point d’entrée pour redynamiser l’industrie

Si les actions politiques à l’échelle française et européenne sont essentielles pour relancer l’industrie, garder le focus sur le management de la supply chain nous apparaît comme la voie décisive pour améliorer la compétitivité de nos entreprises, optimiser leurs capacités de production et renforcer leur résilience face aux crises.

Notre démarche s’inscrit ainsi dans une volonté de donner à notre industrie d’excellence les moyens de relever les défis de demain et d’assurer une réindustrialisation durable du territoire.